Simon était rentré au lycée depuis plus de deux mois, et avait su qu’il ne s’y intégrerait pas avant longtemps. L’administration avait commis la grosse erreur de rassembler tout un clan qui s’était formé l’année précédente, en 2007. Il y avait environ trois membres par classe en moyenne, et il était donc presque forcé qu’ils se retrouvent unis. Ils étaient trente deux, et le clan est composé de trente et un membres… plus lui ! Il lui avait souvent eut l’envie de crier « pourquoi moi ? » en plein cours alors que les élèves s’envoyaient des messages sur leur téléphone portable qui changeait toutes les semaines et que leur professeur semblait les seuls passionnés dans ce qu’ils faisaient. Et lui, il était le seul à écouter, à faire ses devoirs et à ne pas répondre au professeur. Il se sentait tellement modèle qu’il était tenté d’abandonner son titre. Mais il le gardait car il ne voulait pas, surtout pas ressembler au clan.
Le clan avait nommé une fille, Helga, pour qui ses profits personnels passaient avant tout. Il y avait de nombreuses différences entre chaque membre du clan, mais ils avaient tous une particularité : ils étaient skinhead. Ils étaient donc tous habillés de couleur qui allaient pas du tout ensemble avec un jean déchiré (pour ne pas dire lacéré) qui tombait parfois jusqu’aux genoux tellement il était bas. Ils avaient pris pour habitude de ne pas sortir de chez eux sans trois piercings au nez, aux oreilles ou à l’arcade sourcilière, et sans avoir une quantité presque industrielle de chaînes en métal. Inutile de continuer plus loin la description quand on imagine déjà très bien.
Tout cela pour dire que le seul adolescent qui n’avait pas sa place était regardé d’un drôle d’air. Il était sans cesse harcelé, de temps humilié et encore plus rarement racketté.
Sa famille n’était pas vraiment un soutien moral, alors il se réfugiait dans sa chambre pour jouer à ses jeux vidéo, lire et écouter en boucle de la techno. On pourrait imaginer que ses amis de l’année précédente l’auraient au moins aidé pour évacuer toute la frustration et la colère qui se transformait lentement en envie de meurtre. Mais il n’en avait pas et ses maigres connaissances s’étaient détournées de lui.
La mère de Simon disait très souvent que son fils était imaginatif, qu’il rêvait souvent à des dragons cracheurs de feu et maîtres de cieux. Elle n’avait pas tort, car son fils, qui approchait la majorité, désirait secrètement avoir des pouvoirs magiques, ou alors avoir un talent merveilleux caché. Après une journée particulièrement éprouvante où les <> s’étaient constamment moqués de lui, il s’était effondré dans son lit avant de lâcher un énorme soupir. Il avait positionné son oreiller de telle sorte qu’il puisse l’utiliser comme dossier contre le mur.
Il avait tâtonné ensuite sa couette sur laquelle un dragon particulièrement effrayant poussait un cri éternel tandis que des éclairs rouges tombaient un peu partout. Simon avait finit par dénicher ce qu’il cherchait : sa console. Il l’avait allumé sans même la regarder, preuve d’un incontestable savoir-faire. L’écran avait affiché la page d’accueil du jeu et Simon avait démarré le jeu en quelques pressions sur divers boutons. Un bon massacre de dragon lui ferait du bien.
Tandis que le logiciel chargeait les données, Simon avait claqué des doigts comme quand il s’imaginait qu’une flamme apparaître dans le creux de sa main. Puis il avait détourné son intension sur son jeu, car le chargement avait pris fin, et le jeu avait demandé de choisir un personnage dans une armure intimidante et portant une épée redoutable dans son dos. Ce fut pendant que le jeu se chargeait qu’il avait senti une chaleur qui commençait à devenir insupportable sur sa joue droite. Une flamme légèrement plus grande que celle d’une bougie était en train de brûlait dans sa main. Dans sa main, car cette dernière ne ressentait aucune chaleur.
Poussant un cri d’effroi, Simon l’avait secouée en tous pour éteindre quelque chose qu’il ne contrôlait pas. Mais à cause du mouvement d’air provoqué par la main de Simon qui s’était agitée en tous sens, la flamme s’était éteinte.
Alertée par les cris de son fils, la mère de Simon avait passé la tête par la porte :
-Que se passe t’il, Simon, tu t’es fait mal ?