Simon lâché sa main discrètement sa main et avait maladroitement rassuré sa mère.
Il avait passé le reste de la soirée à invoquer la flamme dans sa main jusqu'à ce qu’il lui prenne l’idée de la refermer alors que la flamme était allumée. Son poing s’enflamma presque aussitôt d’une flamme froide pour sa main, mais qui commençait déjà à roussir ses cheveux mi-longs d’un noir de jais. Comme dans des jeux de combat fantastiques ! Jamais il n’aurait cru voir ça dans une vie !
Puis, un peu plus tard dans la soirée, il eut l’idée de prendre la flamme avec son autre main, mais lorsqu’il la retira, la flamme s’était transformée – non, il ne rêvait pas – en une boule de feu. Mais cette boule de feu, il la reconnaissait : c’était la réplique miniature du Soleil. Plus il écartait les doigts, plus la boule de feu grandissait, et plus il avait senti son énergie passer de son corps à la boule de feu. Mais c’est en plaquant ses deux paumes l’une contre l’autre que la boule avait fini par disparaître. Ainsi que l’énergie qu’il avait utilisée en créant la boule.
Après un repas copieux, il avait fini par se coucher et sombrer rapidement dans un sommeil où questions, fierté, crainte et perplexité étaient maîtres des lieux.
Tandis que de l’autre côté de la rue, un homme mystérieux qui n’avait rien manqué de la scène descendait adroitement d’un arbre sur lequel il avait élu observatoire. Il finit par atterrir avec souplesse dans le gazon qui l’entourait. Il vérifia l’absence même des lumières de phares des voitures assez tardive, puis pointa deux fois le doigt à approximativement la même hauteur, mais pas au même endroit puis s’accroupis pour toucher le sol exactement sous les endroits qu’il avait pointé. Il recula d’un pas et observa les liserais violets qui sortaient littéralement de sous terre, rejoindre les points qu’il avait touché du doigt et finit par former un rectangle qui devait atteindre un bon mètre quatre vingt de haut. L’homme fini par agripper un liserai avec une main, jeta un dernier regard autour de lui puis tira le liserai à lui comme s’il s’agissait d’une porte, avant de disparaître derrière, tandis que les liserais devenaient terne, avant de disparaître.
Le téléphone mobile qui faisait office de réveil commença à diffuser le solo d’une guitare électrique d’un groupe de hard rock tôt le lendemain matin, faisant bondir Simon hors de son lit. Sans stopper son mobile, il commença à s’habiller en hochant la tête au rythme de la voix un peu aigu qui débitait des paroles peu compréhensibles. Mais le rythme était bon.
Il finit par désactiver le réveil avant de dévaler les escaliers en gardant tout juste son équilibre jusqu’à ce qu’il arrive au bas des marches, puis couru presque à la cuisine pour y prendre son petit déjeuner. Aujourd’hui était vendredi, la veille du week-end, le jour préféré de Simon, qui devrait encore supporter les skinheads et leurs sarcasmes encore une journée. Mais aujourd’hui, il se sentait merveilleusement d’attaque.
La maison était silencieuse, car ses parents étaient déjà partis dans leurs bureaux respectifs, dans le centre de la ville.
Simon se coupa deux tartines qu’il beurra largement, avant de les faire légèrement griller à la chaleur de la flamme produite d’un claquement de doigt. Il adorait faire ce tour, bien qu’il n’en connaisse d’autre. Il devrait par contre faire attention de produire une flamme en plein cours dans le lycée. Mais cela ne voulait pas dire que Simon n’allait pas faire une crasse à Helga.
Dans le bus scolaire, il alluma machinalement son lecteur MP3, avant de regarder le paysage qui défilait à toute vitesse par la vitre sans vraiment le voir. Il repensait à tout ce qui lui arrivait.
Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant et pas avant ? Y avait-il un responsable ? Et qui serait-il ? Certainement pas quelqu’un parmi le clan des skinhead ; c’était tout juste s’ils ne voulaient pas lui faire la peau.